Edito - 4 Décembre 2017

Les photos de l'Église catholique en Gironde:

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Rencontrons Dieu maintenant...

Nous avons entendu il y a 15 jours l'évangile des jeunes filles avisées et des insouciantes ; il y a une semaine la parabole des talents et aujourd'hui ce passage célèbre de Matthieu 25. Il s'agit toujours et encore de la fin des temps, il s'agit en même temps de la rencontre de l'époux pour les jeunes filles, du maître pour l'histoire des talents, du Roi pour le jour du Fils de l'homme en qui nous voyons Jésus-christ. 

Il s'agit dans chaque extrait des ces chapitres 24 et 25 de St Matthieu dont nous terminons le cycle aujourd'hui, il s'agit de l'ultime rencontre, celle que nous appelons le jugement dernier, la Parousie, le retour glorieux du Christ sur terre, la fin des temps.

Nous sommes un peu piégés à ce sujet par les représentations mentales que nous nous faisons, en particulier par rapport à l'espace : Le ciel, en haut, la terre en bas, l'enfer encore en dessous.

On est du bon coté sur terre et à la fin on monte au ciel ? Ou du mauvais coté et on tombe en enfer ?

Problématique probablement mal posée. Il nous faut là nous rappeler ce que dit le Pape François quand il affirme que le temps est supérieur à l'espace.

Nous attendons le Règne de Dieu sur la terre ?

En disant cela, nous rendons l'espace -la terre- plus important que le temps -l'attente-.

Les premiers disciples de Jésus font de même. Rappelez-vous qu'à l'ascension ils questionnent Jésus : « Seigneur, est-ce en ce temps que tu vas restaurer la royauté en Israël ? » Ils ont tout faux ! En réponse, Jésus leur promet l'Esprit Saint, pas la restauration de la Royauté. Ils sont un peu déçus !

Sur cette terre, nous ne serons jamais satisfaits. Nous serons souvent déçus, à moins que nous n’ayons aucune ambition, pas même celle d'aimer. Nos meilleurs amis nous décevrons, nos enfants nous décevrons, les hommes en qui nous mettons notre confiance nous décevrons.

Regardez le peuple hébreux, Moïse et l'Exode. Rappelons-nous la succession des événements : Le peuple esclave souffre, sa plainte monte vers Dieu, Dieu envoie Moïse qui les libère. Mais passée la mer Rouge, Moïse est désavoué, le peuple dit que c'était mieux avant, Dieu lui même est désavoué puisqu'ils lui préfèrent un veau d'or. Puis Dieu punit, pardonne, refait la promesse. Ils arrivent à la Terre Promise … mais ce n'est pas beaucoup mieux, lisez la bible ! Les hommes providentiels, ça n'existe pas !

Le Royaume de Dieu n'est pas sur Terre !

Le Père Noël n'existe pas !

Faut-il alors supprimer tout désir ?

Désir de bien, de beau, de bon ; désir d'amour, de paix, de joie ?

Bien sûr que non, même si beaucoup de philosophes, de sages, ont proposé cela ou même le proposent encore. N'ayez aucun désir, vous n'aurez aucune souffrance !

La Bible dit : oui au Règne de Dieu, nous disons : oui au Règne de Dieu. En priant nous disons : Que Ton Règne vienne ! Sur la terre comme au ciel : ça veut dire que le règne de Dieu, ce n'est pas d'abord un lieu, il n'y a pas de lieu pour cela car le lieu où Dieu peut régner aujourd'hui, c'est notre cœur, c'est notre vie, c'est la vie de l'homme, des hommes.

La souveraineté de Dieu, le règne de Dieu en nous ne casse pas notre désir car si son règne est déjà là, il n'est pas encore réalisé.

En ce temps, nous serons déçus, mais ça ne doit pas casser notre désir. 

Si la peur d'être déçu par les autres nous désole, nous renferme, supprime en nous le désir de la rencontre de l'autre, nous sommes perdus !

J'ai un ami qui peut-être me décevra ? Je décevrai peut-être d'autres personnes ? Et alors ? Alors, je prends le risque. Après tout, nous aurons fait un bout de chemin ensemble et ça, déjà, c'est beau !

Et Dieu … combien ont été déçus ? Combien l'ont abandonné parce qu'il croyaient à un Dieu magicien alors qu'en Jésus il n'est que, si j'ose dire, le Fils de l'Homme qui marche à la tête du peuple pour être, par sa mort, le premier ressuscité !

Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

On n'attend pas le Père Noël, on n'y croit pas !

On n'attend pas le messie, il est déjà venu !

On attend une période nouvelle, des temps nouveaux.

Nous n'attendons pas des lieux différents, mais un temps différent.

Et justement, ce temps différent est un temps de désir

Désir de Dieu, désir de l'autre. Le Royaume de Dieu, c'est une manière de vivre aujourd'hui, en passant d'une vision individualiste de notre désir de bonheur à une vison communautaire, et c'est la que se joue déjà la rencontre de Dieu qui est là, même si le voile n'est pas encore totalement levé

« Quand est-ce que nous t'avons vu ? … chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Rencontrons Dieu maintenant dans cette célébration de l'eucharistie où il nous unit à sa vie, rencontrons-le ensemble maintenant pour le rencontrer dans chacun des frères que le Seigneur nous donnera cette semaine, désirons l'Esprit dont le fruit est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Galates 5,22

Hâtons le retour du Seigneur en brûlant l'huile de nos actes d'amour, en faisant fructifier ce qu'il nous a laissé comme capacité d'amour, et connaissons-le maintenant et ici dans ce temps de l'attente, dans ce temps du désir, pour  pour le reconnaître au dernier jour, à la Parousie, jour d'apocalypse c'est à dire jour de révélation -le voile sera enfin levé-, jour où l'amour achevé aura définitivement vaincu la mort, vaincu la haine et le péché.

Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.     

Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort.

 

 

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